La condition ouvrière au XIXème siècle

 

I) le travail des enfants

« J'avais sept ans quand je commençai à travailler à la manufacture: le travail était la filature de la laine; les heures de travail étaient de 5 heures du matin à 8 heures du soir, avec un intervalle de trente minutes à midi pour se reposer et manger ...J'avais 14 heures et demie de travail effectif à 7 ans! Dans cette manufacture, il y avait environ 50 enfants à peu près de mon âge. Ces enfants étaient souvent indisposés et en pauvre santé... C'est à coup de lanière de cuir que ces enfants étaient maintenus au travail, c'était la principale occupation d'un contremaître de fouetter les enfants pour les forcer à faire ce travail excessif »

 

 

 

 

 

 

 

 

Lieu

Enfants

Hommes

Prix des denrées

Normandie

0,50 à 0,70

1,80

 

Midi

0,25 à 0,60

1,50

 

Alsace

0,30 à 0,35

1,20

Pain : 0,30/kg

Viande : 0,90/kg

Lait : 0,15/l

Œufs : 0,50/dz

 

2) Le travail des femmes

 

Sophie, lingère à Lille (en 1858)

Tout le travail de l'ouvrière exécuté chez elle, au compte d'un patron, est à la pièce.

L'ouvrière monte des chemises d'hommes ou tire des fils. Ce dernier travail consiste à tirer, de place en place, à 1 centimètre de distance par exemple, un fil de chaîne de la toile destinée à former le devant d'une chemise. Quand tous les fils sont tirés, on rejoint, deux à deux, les espaces libres du fil de chaîne et on y place une couture. Il en résulte un tube de toile, qui, aplati par le fer à repasser, donne un pli d'un demi-centimètre de largeur.

Avec la couture qui forme les plis des devants, le tirage des fils est payé, à Lille, dans les maisons où se fabrique la lingerie de luxe, à raison de 3,50 F les cent plis. Aux ouvrières d'une habileté secondaire, on livre la toile des devants avec les fils tout tirés, de sorte qu'il ne leur reste plus à faire que la couture, elles reçoivent alors 2,50 F seulement pour les cent plis.

Le temps nécessaire pour tirer les fils et coudre 100 plis est au moins de 20 heures de travail. L'ouvrière consacrant 10 heures par jour à sa besogne, gagne donc 1,75 F quotidiennement, mais il y a lieu de déduire un quart de produit pour chômages résultant des déplacements et des maladies.

 

 

                   

 

 

 

 

3) Le travail des hommes : Observez ces deux images : décrivez pour chacune d’elle le secteur d’activité et les conditions de travail des ouvriers

 

Marteau pilon 18

 

Usine  à gaz 188

 

4) Le salaire des ouvriers en francs sur 64 observations (Histoire générale du travail)

 

 

Hommes

Femmes

Salaire au mois

61   

12,50

Salaire  à la journée

3,43

1,80

Salaire à la tâche/jour

4,88

0,90

Nombre moyen d’enfants par foyer

3

3

Loyer annuel

195

127 (célib.)        

Pain par semaine

20kg

11

Pain par jour/tête

O,600kg

1,6

Viande par jour/tête

0,100

0,2

Jamais de viande

8/64

1/18

Frais de vêtements/an

231

112

Blanchissage/semaine

2,5

1

Nbre de ménages  où la femme blanchit elle-même

16

 

5) Les conditions de vie et de logement

"Mon père ne gagnait que 10 shillings et 6 pence par semaine et ma mère, avec sa petite école y ajoutait 2 ou 3 shillings. Ils devaient subvenir à leurs besoins et  à ceux de leurs enfants à une époque où le pain de 4 livres se vendait au prix exorbitant de 1 shilling 10 pence. Nous devions en conséquence nous contenter d'un menu plus que frugal, les pommes de terre étaient aussi très chères et de plus, de mauvaise qualité en raison de l'humidité de l'été précédent. Un peu plus de 2 litres de soupe, qui coûtait 4 pence, arrosés d'un peu de graisse fondue, avec une très petite ration de pain, constituait le dîner de la famille." (Histoire générale du Travail)

L'absence d'habitation, leur manque d'hygiène, leur exiguité, furent une des plaies de la Réolution industrielle. Avant même 1800, Manchester avait ses quartiers ouvriers, aux ruelles étroites et sordides, aux maisons délabrées, dont les chambres ne suffisent plus  à contenir toute la population hâve et débile qui s'y entasse. Faute de maisons, la population était obligée de vivre dans des caves humides,  à peine aérées. Un rapport de1840 estime à 15000 le nombre de personnes vivant dans des caves. Dans beaucoup de ces appartements, on compte jusqu'à quatre personnes dans le même lit.

Il apparut donc indispensable d'améliorer les conditions de logement. Beaucoup de chefs d'entreprises prirent le soin de loger leurs travailleurs en construisant des logements populaires. Cette formule,  à partir de 1840/1850, assura un logement décent mais elle évoque un sentiment de dépendance de l'ouvrier  à l'égard de son patron, un état d'infériorité, accepté semble-t-il sans réticence.

(Histoire générale du Travail)

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Mont de piété et secours populaire